Un connecteur MCP se juge aux heures qu’il fait gagner un mardi après-midi, entre deux comités. Depuis l’ouverture du serveur MCP Insourcia, les usages qui reviennent le plus chez les fonds, les banques d’affaires et les cabinets de conseil se rangent dans une poignée de situations très concrètes.
Les voici, avec à chaque fois le prompt à écrire tel quel dans Claude, Mistral, ChatGPT ou Copilot, et ce que l’agent vous rend.
1. Origination : construire une liste de cibles
C’est l’usage le plus courant. Vous avez une thèse : un secteur, une taille, une géographie, un niveau de rentabilité. Vous voulez la population d’entreprises qui y correspond, dans son entier.
Liste les sociétés de services B2B en Nouvelle-Aquitaine dont le chiffre d’affaires est compris entre 10 et 40 M€, avec une marge d’EBE supérieure à 12 % et une croissance positive sur les trois derniers exercices.
L’agent compose les filtres sectoriels, géographiques et financiers en une seule requête et renvoie la liste avec les SIREN, l’activité, les effectifs et les agrégats retenus.
Le vrai gain vient de la deuxième question. « Retire celles qui ont un fonds au capital », « garde uniquement celles dont la trésorerie couvre la dette nette », « ajoute l’âge du dirigeant principal » : vous affinez la thèse en conversation, sans repartir d’un formulaire vide.
2. Sourcing de dossiers de transmission
La transmission d’entreprise est un marché d’anticipation : le bon moment pour se signaler est avant que le mandat ne soit donné. Le croisement pertinent est celui de la santé financière et de l’âge du dirigeant.
Trouve les PME industrielles de plus de 20 salariés en Bretagne, rentables, dont le dirigeant principal a plus de 62 ans et détient son mandat depuis plus de quinze ans.
L’agent renvoie les sociétés, leurs dirigeants et leur ancienneté au mandat. À partir de là, une seule relance suffit pour savoir si un successeur est déjà présent au capital, ou si aucune structure de reprise n’apparaît autour de la société.
3. Pré-analyse d’une cible avant le premier rendez-vous
Vingt minutes avant un call, la question porte sur la trajectoire de la société et sur ses points durs.
Sors-moi le compte de résultat et le bilan de cette société sur les dix derniers exercices, avec l’évolution des marges, du BFR, de la dette nette et des délais de paiement. Signale-moi les ruptures.
L’agent reconstitue l’historique exercice par exercice. Vous enchaînez sur ce qui vous intéresse : « pourquoi le BFR se dégrade à partir de 2023 ? », « est-ce que des dividendes ont été versés sur la période ? », « compare cette trajectoire à celle de ses trois concurrents directs ».
4. Cartographie d’un groupe avant une opération
Un actif isolé se comprend vite. Un groupe avec holding animatrice, filiales, sociétés sœurs et dirigeants croisés, beaucoup moins. C’est souvent là que se logent les surprises de closing.
Reconstitue la structure du groupe autour de cette société : holdings au-dessus, filiales et participations en dessous, sociétés sœurs et dirigeants communs.
Vous obtenez le graphe complet des entités liées, avec le sens des liens. La suite naturelle : « lesquelles de ces entités déposent des comptes ? », « laquelle porte l’immobilier ? », « quelles filiales sont en perte ? »
5. Comparables et valorisation
La méthode des comparables vaut ce que vaut l’échantillon. Le temps part dans la constitution d’un panel défendable ; le calcul, lui, tient en cinq minutes.
Constitue un panel de sociétés françaises comparables à celle-ci : même activité, chiffre d’affaires entre 15 et 60 M€, puis sors pour chacune le CA, l’EBE, le résultat net et les capitaux propres du dernier exercice disponible.
L’agent bâtit le panel, ramène les agrégats et vous rend un tableau exploitable. La discussion se déplace là où elle a de la valeur : le périmètre du panel, les exclusions, les retraitements, plutôt que la collecte.
6. Risque de contrepartie sur un portefeuille
Pour un portefeuille de participations, un encours client ou une liste de fournisseurs critiques, la question est la même : lesquelles de ces sociétés doivent m’inquiéter d’ici douze mois ?
Voici 40 SIREN. Pour chacun, donne-moi le grade de risque, la probabilité de défaut à 12 mois et les principaux facteurs aggravants. Classe du plus risqué au moins risqué.
Le connecteur renvoie un grade de AAA à D, la probabilité de défaut à 3, 6 et 12 mois et les facteurs qui pèsent dans les deux sens. Vous obtenez une hiérarchie de vigilance, pas un verdict : les facteurs explicatifs sont là précisément pour être discutés.
7. Deal flow à partir des signaux légaux
Certaines opportunités se repèrent par événements plutôt que par critères financiers : cession de fonds de commerce, augmentation de capital, ouverture d’une procédure collective, radiation.
Quelles augmentations de capital ont été publiées ces trois derniers mois dans le secteur de la santé en Île-de-France ? Écarte les sociétés de moins de trois ans.
L’agent balaie les événements toutes sociétés confondues et vous rend les publications correspondantes, datées et rattachées à leur société. Le même mécanisme sert en défense : suivre les procédures collectives ouvertes chez vos clients ou vos fournisseurs.
8. Passer de l’analyse ponctuelle au suivi
Une recherche d’origination se refait en pratique tous les mois, à l’identique, parce que la liste bouge. C’est exactement ce qu’il faut arrêter de faire à la main.
Sauvegarde cette recherche et mets sous surveillance les douze sociétés de la liste. Chaque lundi, résume-moi ce qui a bougé : changements de dirigeants, dépôts de comptes, procédures, cessions.
L’agent enregistre les critères, place les sociétés en veille et, à la demande suivante, ne vous remonte que les signaux nouveaux. Une thèse d’origination devient une liste de dossiers qui se tient à jour toute seule.
Bien formuler ses demandes
Quatre réflexes séparent une réponse exploitable d’une réponse approximative.
Donnez des seuils, pas des adjectifs. « Des PME rentables » laisse l’agent arbitrer à votre place. « Marge d’EBE supérieure à 12 % et CA entre 10 et 40 M€ » produit une liste directement exploitable.
Enchaînez plutôt que de tout empiler. Une première requête large, puis deux ou trois relances pour resserrer : c’est plus rapide et plus lisible qu’un prompt de dix lignes qui tente de tout cadrer d’un coup.
Demandez la source quand le chiffre compte. « D’où vient ce montant ? » : chaque réponse est rattachée à son identifiant d’origine (SIREN, numéro d’annonce, exercice), ce qui rend le résultat vérifiable ligne à ligne.
Précisez le format de sortie. « Rends-moi ça en tableau avec une ligne par société » évite une reprise manuelle avant de coller le résultat dans un classeur. Voir notre article sur Insourcia dans Excel.
Pour commencer
Le connecteur s’installe une fois, en moins d’une minute, dans Claude, Mistral, ChatGPT, Copilot, n8n ou tout client compatible Model Context Protocol. Aucun développement n’est nécessaire.
Le détail des dix-sept outils exposés est sur la page MCP, et la procédure d’installation dans la documentation. L’accès se crée sur app.insourcia.io.